I see the games you play and the traps you lay, I let you play them anyway

I see the games you play and the traps you lay, I let you play them anyway
Gauche ou droite ?
Je m'en fou
Manou allez , on a dit qu'on le faisait ?
Oke bon droite, non gauche , ouais gauche

Ils souriaient, si ils savaient, si seulement ils savaient où ils allaient, ce qu'ils faisaient. Littéralement c'était le but leur jeu. Ils voulaient changer, ne plus refaire les mêmes erreurs, alors ils changeaient le sens leur route, ils en voulaient une nouvelle, une différente.
Ce soir là, ils avaient décidé de ne plus décider justement. Ne plus prévoir ne plus planifier, se laisser aller là où ils devaient finir.C'était risqué, mais c'était le but,.
Oh mon amour là bas , tu te souviens !
Ils s'arrêtèrent, elle couru vers les réverbères du pont. Ce pont alexandre III, si ils le connaissaient, combien de fois, après une soirée ou juste pour se promener, combien de fois ils s'étaient aimés là.Elle monta sur les remparts, un faux mouvements et elle tombait, un pas de trop et tout tombait. Risqué c'est bien ce qu'il voulait, bien ce qu'ils cherchaient ce soir là. Il avait peur, mais lui aussi il en voulait de cette adrénaline, ressentir ça, il voulait lui aussi. Ça lui faisait peur de la voir danser doucement comme ces pantins de bois sur ces remparts .Elle était sublime,il faisait nuit et les lumières du grand palais la suivait par ondes au rythme des mouvements qu'elle effectuait. Elle tournait sur les réverbères, sautait , s'appuyait,glissait. Il aurait voulu monter la rejoindre, l'embrasser , lui prendre la main, mais ça lui faisait peur, elle le savait. Il avait le vertige , peur du vide. Et elle , elle voulait aller le plus loin possible, le pousser à bout , voir jusqu'où ce petit jeu pouvait les mener.
On part
Quoi ?
On part , on y va

Il la suivait, mais plus pour longtemps. Si elle avait décidé de gagner ce soir, c'était bien trop ambitieux. Une fois repartit, ils eurent faim. République , ils s'arrêtèrent République. Pour trouver il lui avait demandé de faire l'alphabet et il l'avait stoppé . Comme un petit bac elle se disait, et au final elle trouvait ça marrent , de jouer à ca, de jouer sa vie. Ils marchèrent et décidèrent de s'arrêter dans un petit restaurant d'une de ces rues.
Une fois entrés dans le restaurant, tout changea alors et il aimait ça, cette ambiance, ces gens, cette euphorie . Ils se frayèrent un chemin jusqu'à une table .
Tout s'enchaina alors très vite , plats , chardonnay , souvenirs , rires et mojitos.C'était une sorte de thérapie, le but était de se laisser aller, de retrouver ses sentiments ,pour mieux se retrouver .
C'est quand l'effet de toute cette bulle éclata que la discussion prit une autre tournure.sauf que ce soir il avait décidé de gagner , de ne pas entrer dans son jeu . Il la prit par la main , et ils sortirent .
Sa tête tournait et tout passait trop vite. Ils parlaient riaient criaient s'aimaient et c'était bon, tellement bon qu'elle aurait voulu que ça n'ait pas de fin .
Ils arrivèrent dans la rue , il gardait une main sur ses yeux et lorsqu'ils entrèrent dans la salle , elle entendit les premières notes de Kids. Elle ouvrit les yeux et pleura .
Lui , dans le fond il avait menti . Il avait prévu ça , ce concert il l'avait prévu .
Elle ferma alors les yeux et s'adossa contre lui , il la prit dans ses bras. Ça lui faisait peur , c'était trop beau , trop parfait , trop agréable mais là aussi , elle essaya de ne pas s'écouter , pas sentir cet arrière gout , ce sentiment amère qui gâcherait presque tout , elle le laissa.
C'était leur chanson , celle qu'elle ne pouvait écouter sans ressentir ce pincement , il le savait.
Après ça , ils virent tous leur amis à une table et tout s'enchaina de plus en plus vite , musique , alcool , tout tournait , tout bougeait , tout sautait , c'était fort , si fort qu'elle en avait presque mal , ces sentiments , ce bouillonnement , ce tourbillon dans lequel elle était tombé , bon et incontrôlable tourbillon dans lequel elle était tombée.
Plus rien n'avait alors d'importance ,plus rien n'était chose ou être, la terre n'était plus, les humains ne respiraient plus, le monde s'arrêtait , et elle revivait .
Elle était vodka ou tequila, elle était lui ou celui de derrière, elle était blonde ou brune, elle était heureuse, même pire, elle était perdue et pourtant elle s'était trouvée . A ce moment là , tous ses dés à elle étaient inversés , ses lois effacées, ses valeurs renversées .Elle respire , elle rit , elle aime , elle danse , elle est tout parce qu'elle ne veut plus rien , ne cherche plus . Elle était là comme elle aurait pu être n'importe ou. Social Club , Paris Paris , Baron , Showcase , comme si elle le savait . Beigbeder la tourne , elle se retourne sur ce monde . Plus rien n'a d'importance , plus rien n'est et elle devient tout. Elle est une pute , elle est artiste , elle est cultivée , même conne comme ses pieds , elle est frigide ou défoncée , elle n'est plus , elle est tout . Manon, manon, manon tout reprend et il ne part pas cette fois. Si ça avait un sens , si la vie en avait , si sa route en avait , si ils arrêtaient enfin de penser qu'ils l'ont trouvé. C'est fouilli, c'est brouillon ca n'a pas de sens alors elle n'en prend pas. Elle danse au ralenti , vit au ralenti, le temps s'arrête et elle revit. C'est fouilli, c'est brouillon c'est perdu d'avance , ses combats elle les a perdu alors n'y réfléchi plus . On aime parce que c'est ce qu'on veut , ressentir ça , c'est ce qu'on veut . Bien sur que ça fera mal , bien sur que c'est perdu d'avance mais elle revit et elle veut revivre ça. Dans cette boite, sur cette musique, avec ces gens, elle en voulait plus, ne voulait plus le renier, elle ne voulait plus s'envoler, ni partir, elle est déjà allée bien trop loin.
Son monde se tournait quand elle se retourna. Elle le vit, avec n'importe qu'elle pétasse, elle le voyait, cet autre là , ce mec qu'elle détestait voir en lui, celui qu'elle détestait, elle le revoyait.
Là aussi le temps s'arrêta ,elle s'essaya sur un de ces fauteuils, pris un verre de rosé et les observa. Les autres n'étaient plus là , il n'y avait plus de musique , il y avait juste, ce canapé, ce verre, elle, lui et cette fille. Tout s'arrèta alors de tourner.
Des heures plus tard , il vint la réveiller. Il lui sussurait de beaux mots , des mots tout doux , ces mots qu'on aimerait garder et ne jamais oublier. Pendant un moment , elle apprécia ça , elle l'aimait et lui aussi,pendant un moment , c'était beau et doux , pendant ce moment , c'était faux et beaux. Mais tout revint , tout revient toujours , nos erreurs , nos mensonges , nos tords , la vie a cet effet boomerang qui vous assure que tout ce que vous faites de mal vous retombera dessus. L'effet boomerang , ce petit con, cette petite faille , elle l'avait presque oublié.
Je t'ai vu tout à l'heure
Pourquoi tu fais cette tête ?
Tu veux qu'on en rit ? Non parce que ça me fait plus rire moi
Pourquoi t'y donne autant d'importance ? C'est qu'un jeu , tu le sais , c'est des conneries
Je sais mais je suis fatiguée de jouer . C'est ça que tu veux toi , le jeu , tu veux te dire que tout ça , ça a pas d'importance donc on peut en jouer autant qu'on veut . Sauf que c'est plus le cas , je veux plus que ce le soit. T'as pas compris qu'il y a pas de gagnant ou perdant , on est tous les deux perdants à ton jeu , et moi je veux plus y jouer , je veux plus perdre , je veux te gagner et toi tu veux pas . Ca te fait peur tout ça , je le sais putain , mais tu joueras pas avec moi , parce que j'ai plus peur comme toi, j'ai plus peur de te dire que je t'aime , j'ai plus peur d'y croire ni de le vivre , tout ça, ça me fait plus peur ,pas toi.

Elle se leva et partit . Il resta là , et tout s'arrêta pour lui , comme pour elle , quelques heures plus tôt.
Elle sortit de la boite et marcha sans savoir ou aller . Elle était revenue au point de départ . Elle n'avait pas su comment cette soirée allait finir , mais elle n'avait surement pas envisagé cela . Elle s'était à vrai dire tout imaginé , ils auraient fini enlacés ou dans une soirée gay . Ils auraient fini nus ou dans la rue. Ils auraient fini de dix milles façons , et pourtant elle n'avait pas prévu ça , ce je au lieu du on . Cette fin là, elle ne l'avait prévu.
Elle ne voulait pas rentrer chez elle ,finir sur ca. Elle n'avait aucune idée de l'heure qu'il pouvait être et pourtant c'était bientôt le lever du soleil . Elle prit un taxi,Pont Alexandre III monsieur . Elle avait toujours rêvé de ça , voir le lever du soleil sur le pont alexandre III , ce genre de fantasme qu'on garde pour soi mais qu'on oublie pas . Ce genre de petite promesse qu'on donnerait tout pour tenir.
Elle monta sur les remparts , le ciel était rose , c'était magnifique , c'était tellement beau qu'elle en pleurait . Ses Barbara Bui tremblaient et sa robe flottait. Elle se concentra alors, ferma les yeux, et essaya de s'écouter, de ressortir tous ses sentiments, tous ceux cachés, refoulés, oubliés, dissimulés,de tous les entendre pour mieux les oublier.
Il était sorti en courant,il savait qu'elle serait là et surement pas chez elle. Durant tout le trajet, tout les mots qu'elle lui avait dit plus tôt bouillonnaient, ses phrases revenaient en boucle sans qu'il en trouve une fin. Une fois arrivé , il la vit , instable sur ces remparts.
Elle se retourna et le vit , elle ne voulait pas de lui , pas l'entendre , elle voulait s'entendre. Elle le vit alors monter sur ces remparts , elle le voyait bien , elle le savait bien qu'il avait peur , une peur incontrolable du vide . Elle le voyait tout tenter pour dissimuler cette peur , et ne pas trembler une fois debout. Il lui tendit la main et elle la prit . Ils ne tremblaient plus .
Manon j'ai plus peur.
Du vide ?
De nous

# Posté le mercredi 19 novembre 2008 07:49

Modifié le lundi 29 décembre 2008 08:17

Drop it

Drop it
Elle n'a jamais été ce genre de filles. Celles qui rêvent tout le temps et arrivent jusqu'à s'y former un autre monde , non elle n'aimait pas vraiment rêver, parce qu'elle détestait cette sensation, celle une fois qu'on revient à la réalité .
Et pourtant , ce jour là elle rêvait . Elle rêvait de grandes étendues . D'une route sans fin et d'un soleil doux et agréable. Elle rêvait d'un endroit loin , sans être beau ou parfait , non juste loin .
Elle rêvait d'autre chose, d'autres règles , d'autres mouvements pour la guider. Elle voulait se laisser vivre. Elle avait déjà essayé avant, de se laisser vivre ,et elle était tombée de haut , du haut de tout ce qu'ils aiment appeler les conséquence de nos actes .
Elle aurait tout donner pour se détacher de sa route et en suivre une autre. Absolument tout, pour oublier les principes , les fondamentaux , tout pour oublier les bases, et tout reprendre du départ . Elle aurait voulu s'élever haut , très haut sans avoir peur de la chute. Parce que dans le fond c'est bien ça qui nous bloque, c'est cette peur de la chute, de la douleur.Personne n'ira chercher cette douleur, personne ne souhaitera cette chute et pourtant c'est elle qui nous fait grandir.

Elle revoyait alors cette belle route, ce paysage à couper le souffle et ce bien être, elle l'avait. Il était des plus éphémère et irréelle, mais elle l'avait . Comme un rêve des plus agréable dont on aimerait jamais se réveiller. Comme dans un de ces rêves , le réveil est toujours des plus dur.
- Manon tu sors !

Brusquement arrachée de ses pensées, le vieil homme aigris qu'elle avait en face d'elle lui rappela la justesse de ses dernières pensées. Elle aurait du s'excuser, baisser les yeux, ou trouver une phrase qui lui prouverait que oui,contrairement à ce que son attitude laissait penser ,elle écoutait bien son cours magistral des plus pompeux et ennuyeux. Et à la surprise de toute la salle, elle se leva doucement, pris son sac d'une main et remercia du regard son professeur. C'était des plus déplacé elle le savait . Elle devinait aussi la chute qui l'attendait, et elle en avait peur , elle n'était pas assez forte pour ne plus en avoir peur. Il y a des gens qui l'ont déjà, cette force. Elle les enviait , elle n'était pourtant pas de nature jalouse, et n'enviait presque personne. Mais ces gens là si .

- Besoin d'aide ?
Elle sursauta et rougit . Cela faisait maintenant dix minutes qu'elle était là, debout au milieu de cette grande cour, sac par terre ,perdue dans ses pensées. Gênée , elle reprit son sac et le regarda. Son visage lui était familier. Le genre de mec qu'on connait très bien de visage, mais dont on a jamais fait plus attention que ça . Il était grand , mince et plutôt imposant. Il la regardait avec ses grand yeux bleus et elle ne savait plus quoi dire . Il n'était pas beau, certainement pas moche ,et pourtant elle ne pouvait se détacher de son regard .
- Ah..je non merci
- Ça n'a pas l'air d'aller ?
- Bah .. c'est la crise tu sais

Surpris par sa réponse il sourit. C'est la crise , oui la crise . Elle entendait ces mots partout .A la radio,à la télé, dans les diners, dans les conversations. Tout lui rappelait que cette crise n'était pas seulement dans son économie mais dans sa vie. C'est la crise, tout peut arriver, les marchés s'effondrer, c'est la crise, tout peut changer et le mot amour peut être oublié. Elle l'avait oublié, ce mot là depuis des semaines. Elle aimait se dire que c'était quelque chose de bien trop fort, bien trop compliqué pour qu'on cherche à le vivre. Il y a tellement de gens qui sont à la recherche de l'amour, qui l'attendent, qui l'espèrent , le désirent ,qu'ils ne voient pas qu'y accéder , c'est comme cette route au final.On monte haut, très haut , on vit pleinement le bonheur de cet amour, on ne voit plus la fin de cette ascension . Pourtant il y a la chute . Les plus forts ne la subissent pas trop. Certains en sont détruits. D'autres préfèrent se souvenir de l'ascension seulement. Pour elle , c'était comme son histoire de route . Elle ne pouvait pas aller chercher sa route , comme elle ne pouvait pas chercher à aimer. Elle était loin cette route , tout comme celle pour qu'elle aime à nouveau.

C'était aussi la crise dans ses études . Elle avait toujours travaillé avec un but, maintenant qu'elle n'en avait plus, son économie à elle s'effondrait. Pourquoi investir , si on ne veut pas que ça rapporte ? Alors elle n'investissait plus. Elle travaillait le minimum , parce que le maximum lui aurait promis le monde dans lequel elle vit , suivre sa route, cette même route .
Elle se sabotait pour trouver autre chose . Elle savait bien que ce n'était pas la bonne solution mais tout la poussait à laisser tomber face à la crise.

Il engagea alors la conversation.Il lui avait redonné le sourire ,un sourire timide mais sincère.
Elle ne le savait sûrement pas mais ils avaient étudié ensembles depuis le CM2. Il ne l'avait jamais aimé, mais elle l'avait toujours intrigué. Manon , partout Manon , il ne voulait pas connaitre cette Manon , non , lui il avait toujours voulu connaitre l'autre Manon. Celle qu'on peut deviner quand elle ne reprend pas son masque de société, pour retrouver l'autre Manon. Cette forme de schizophrénie on l'a tous, il le savait bien. Il y a la personne qu'on montre, celle qu'on veut montrer et celle qu'on est vraiment . Lui, il en avait toujours jouer de ça.
Ils s'assirent par terre,les cours ne finissaient que dans 40 minutes.Durant ces 40 minutes, il parlèrent de tout. Jamais personne ne lui avait parlé comme ça, jamais personne n'avait vu ça en elle. La cloche sonna, et ils restèrent pourtant assis sur les marches, plus rien n'avait alors d'importance, il n'y avait qu'eux deux dans cette cour, les 400 autres ne comptaient plus . Plus rien ne comptaient.
Au bout de plus d'une heure ils s'arrêtèrent, un silence gêné s'en suivit .Ils étaient vidés, s'étaient tout dit , ils s'en étaient plus dit qu'ils n'en diraient certainement jamais à personne. Tout reprit alors de son importance, et il redevint alors pour elle,le gars qui lui avait demandé quelques heures plus tôt si elle avait besoin d'aide. Elle se leva maladroitement, il était aussi mal à l'aise qu'elle. Elle esquissa un sourire timide mais faux cette fois ci,pressant le pas jusqu'à ce qu'elle soit hors de son champ de vision. Lui, il resta là, seul au milieu de cette cour. Il avait toutes ces années voulu lui parler et voilà que maintenant , il connaissait la vrai Manon , et il regrettait.Non pas qu'il ait été déçu ou qu'il n'ait pas aimé ce qu'il avait pu entendre, non loin de là . Il regrettait juste .

Elle était encore plus perdue que dans la cour intérieure, des heures plus tôt . Tout allait trop vite , depuis un certain temps, tout la dépassait . Elle voyait les gens avancer, vivre, avoir des projets, et elle restait là , incapable de bouger.
Elle décida alors de monter dans un taxi. Ou allez vous mademoiselle ?
Cette question , ça faisait des mois qu'elle se la posait . Et ça revenait , sans réponses , ca revenait.
Vous allez bien quelque part ma petite ?
Montmartre , emmenez moi à Montmartre monsieur.

Elle voyait Paris défiler, lentement , très lentement.Elle avait demandé au chauffeur de faire un détour, elle lui avait demandé de lui montrer Paris, son Paris à lui, les endroits qu'il préférait.
Ils commencèrent à discuter. Il s'appelait Georges. Ils parlèrent alors de sa famille, et puis de sa crise à lui, parce que pour George aussi c'est pas facile, différemment , mais lui aussi il a du mal avec les chutes. Et puis quand elle lui parla de sa route, il comprit . Surprise elle continua
-Peut être qu'on la cherche mais on la trouve jamais ,un peu comme les alchimistes et leur élixir tu vois. Ça serait faire partie de ces utopistes que de penser que cette route est réelle. D'un autre coté, y a tellement de gens qui disent la connaitre. Oui y a les apparences je sais mais quand même..
-Tu sais ma petite, moi aussi j'y croyais à cette route plus jeune. Faut pas trop la chercher.C'est bien ça que t'as pas compris, ta route, elle existe pas, ou du moins pas encore, c'est pas qu'elle est trop loin, ou qu'elle est inaccessible, c'est juste que c'est à toi de la construire. Tout le monde construit sa route au fur et à mesure des années .A toi de voir la direction que tu veux donner à la tienne.


Ils arrivèrent devant la galerie qu'elle lui avait indiqué . Elle le remercia et sortit.
Il était là ,et elle avait l'impression que cela faisait des siècles qu'elle ne l'avait pas vu . Pourtant elle s'en souvenait bien , un peu trop bien,de cette dernière fois.(Crimewave),
Quand il avait reçu son appel, il avait cru à une blague ou un moyen de se venger pour tout ce qu'il lui avait fait. Il était donc venu, retissant, et il s'attendait au pire. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est qu'il ressentirait ça. Ça faisait des mois que c'était fini. Des mois qu'elle était passée à autre chose avec son Alex, et lui qu'il avait essayé avec d'autres. Et pourtant il avait ressenti ça. Cette montée d'adrénaline, ce pincement en la voyant sortir de ce taxi. Comme si rien ne s'était passé, comme s'ils ne s'étaient pas fait mal à en crever.
Ça lui faisait peur de ressentir ça.Il n'avait été amoureux qu'une fois, et c'était pour elle. Il ne voulait pas recommencer tout ça, cette même histoire encore et encore .
Il était beau, tellement beau qu'elle en eut peur. Elle l'avait détester, l'avait diabolisé , s'efforçant de haïr sa personne jusqu'au moindre détail. Et voilà que maintenant tout avait disparu et ça lui faisait peur.

Cette galerie , ils avaient l'habitude d'y aller. Ils l'avaient découverte ensembles des années avant . Et ils avaient gardé cette habitude, d'aller faire un tour dans leur galerie, parce qu'elle était devenue la leur. Alors ça signifiait beaucoup . Beaucoup trop pour eux . Mais tant pis elle se disait , je dois être forte c'est bien ça . Ça doit commencer quelque part, alors autant que ce soit lui .
Ils entrèrent alors dans la galerie. Il y a avait de nouvelles toiles et de nouvelles photos. La sculpture du fond était passé à gauche, et puis la table à droite .Le moindre détail y passait, ils adoraient cet endroit , et après une légère gène ,tout reprit , c'était lui et elle . Ils parlèrent alors de ce qu'ils avaient raté depuis des mois sans réellement vouloir le savoir.Ils rirent et retrouvèrent ces sentiments qu'ils croyaient détruits. Sûrement pas aussi forts, mais ils les retrouvaient et c'était plaisant et effrayant à la fois.
Ils virent un des artistes. Ils lui parlèrent brièvement et il les invita à voir sa dernière ½uvre exposée dans l'ancien débarra au sous sol.
Après un dernier tour, ils arrivèrent au sous sol, une faible lumière éclairait à peine la photo, le reste de la pièce était plongé dans un noir presque complet.
Il s'avança alors en premier dans la pièce sombre et ambiguë, et lui prit la main pour la guider.
Ils s'avancèrent alors vers la la photo.

On y voyait une route, comme celles qu'on retrouve dans les déserts du Nevada, ces routes dont on ne voit pas la fin.
Il sourit légèrement et pressa sa main plus fort . Elle n'était pas prête de finir sa route avec elle.

# Posté le mardi 28 octobre 2008 10:38

Modifié le mercredi 29 octobre 2008 07:38

Coffee and Bacardi I

Coffee and Bacardi I
Il la regardait , avec ses grand yeux verts . Vous savez ce genre de regard qui vous retourne l'estomac , le genre de regard qu'on arrive même pas à tenir , et pourtant qu'on essaie de renvoyer. Il était là devant elle , avec ces yeux là et un sourire en coin. Elle,depuis qu'ils s'étaient installés sur la terrasse du café, elle avait à peine oser le regarder, elle restait concentrée sur l'effervescence de son sucre dans le café , sur le bruit de la cuillère contre les morceaux , sur la couleur de son café , sur les finitions de la serviette .
Il lui parlait mais elle n'écoutait pas , non pas que les serviettes étaient plus intéressantes , juste peur , peur de l'entendre dire ces putains de mots . Alors elle faisait semblant , elle essayait juste de suivre les nuances de sa voix pour savoir quand il fallait rire, quand il fallait faire une tête interrogé , quand est ce qu'elle devait compatir ou essayer de montrer qu'elle l'écoute un minimum avec une phrase bateau.
Elle faisait semblant d'aller bien , semblant d'aimer , semblant d'être heureuse avec lui . Il s'en rendait peut etre compte mais lui , il voulait pas le voir . Au final ca leur convenait à tous les deux , cette hypocrisie là . Il l'aime , et elle aussi , point . C'est con mais tout le monde marche , même lui il finissait par penser que peut etre , ouais , peut être qu'au final elle ne fait pas semblant , elle est sincère . Il ferme les yeux parce qu'il l'aime , il l'aime vraiment .Elle en avait marre de faire semblant , de se foutre de sa gueule comme ca . Rien que d'y penser elle sentait déjà cette boule revenir , ce sentiment insupportable qui lui rappelait la fille qu'elle est , la salope qu'elle est avec lui .
Elle s'adonna alors à ce petit plaisir qui ,on ne dira pas le contraire, se montre jouissif et distrayant à la fois . Elle balaya alors la terrasse du café des yeux, et il y a avait matière .
Il y avait ces filles au fond , elles devaient avoir 14ans pas plus et en faisait pourtant 5 de plus , collier Tiffany, Darels et Zadig et Voltaire, tout y était . Ces filles là , c'est le genre de filles que même elles, méprisent , elles se disent que non elles ne sont pas comme les quarante huit autres à cette même terrasse , elles , elles ont du style , ce ne sont pas ce genre de clones qu'on voit partout .C'est si bas , que oui même elles détestent l'idée d'être une des ces filles et pourtant adorent s'admirer , admirer la parfaite pétasse du 16 qu'elles sont , admirer à quel point elles respirent l'argent et la beauté , bling bling dans ta gueule c'est bien tout ce qui compte.

# Posté le dimanche 19 octobre 2008 06:20

Modifié le mercredi 19 novembre 2008 07:56

Coffee and Bacardi II


De l'autre coté c'était un groupe de garçons, ils devaient avoir une vingtaine d'années, ils formaient à eux cinq , le stéréotype même des fils à papa friqués . On ne dit rien , mais on en pense pas moins , on sait tous que leur bac , c'est dans une boite à bac qu'ils l'ont eu , et que leur avenir c'est dans la boite de papa qu'ils l'auront, et encore, pour les plus malins . Parce que trop bédaver ados les a rendu encore plus cons ,même affreusement cons ca aussi , on ne leur dira pas , ils ne comprendraient pas . Ils suivent le même principe , jamais ils n'assumeront être ces gars là , même pire ils se moqueront de ces mecs alors qu'on aurait qu'une seule envie , leur dire, mais mec c'est toi !
A sa gauche une bande potes , eux aussi pas difficile à cataloguer . C'était déjà plus agréable à regarder , petits jeunes branchés de Saint ger , contrairement aux minettes du fond , ca sera plus une soirée au Showcase avec une soirée branché chez un de leur super pote. Une soirée avec Cory ou encore une after au Baron . Ici , l'apparence est trompeuse et en déstabiliserait plus d'un . Qui dirait que ce jean troué est un Chloe ? Ou que cette chemise que seul notre oncle gay aurait osé porter , et encore dans un week end chasse et pêche , est Isabelle Marant ? Les habits viennent de fripes ou de grandes marques , pas de juste milieux . On oublie le principe bling bling et co , pas besoin de ca . A la différence des gamines du fond , eux , ils ont du style , quel qu'il soit , ils l'ont.
A sa gauche un couple de jeunes , l'homme ne cessait de tripoter frénétiquement son Iphone comme si l'économie du pays se jouait sur le clic clac de son pouce sur ce tactile . Et vu la tete qu'il tirait , si ce n'était pas le cas , lui , en était à l'évidence persuadé. Sa compagne , quant à elle , fumait sa cigarette lentement , comme si c'était la dernière . On pouvait pourtant voir , derrière ses Mickael Kors , le fatalisme de la scène , elle avait comprit que le combat était déjà perdu face à l'Iphone de l'adoré. Elle commanda alors une bouteille de Pommery , décidée à fêter sa défaite avec des bulles.
Plus loin, un autre couple , bien différent cette fois ci . Le veil homme écoutait sa femme , du moins c'est ce qu'elle croyait mais n'importe qui aurait comprit qu'il n'en écoutait pas un mot et on pouvait deviner que ca avait été ainsi ces quarante dernières années. La veille femme , était le genre de femme qu'on évite , de celles qui font des scandales pour des conneries ,ou qui vous feront des remarques déplacés , mais on ne dira rien car elle est trop vieille pour que ca en vaille la peine. Son Chanel noir sur les genoux , elle tripotait ses bagues doucement tout en observant tout comme moi , le spectacle que cette terrasse nous offrait . Le regard désapprobateur qu'elle affichait nous laissait alors deviner que les paroles qu'elle martelait à son cher mari n'étaient pas des plus douces.
Elle jeta un dernier regard sur la terrasse , elle les connaissait tous par c½ur , tous ces groupes , toutes ces fringues , tous ces gens . Elle aurait pu continuer des heures comme ca .
Elle revint alors brusquement à Alex , il la fixait , il avait du l'observer durant tout son petit manège et c'était plutôt gênant. Lui , s'était pendant ce temps allumé une cigarette . Il n'arrêtait pas d'y penser , à elle et à toute cette historie . Il savait qu'il faisait une connerie , à chaque fois qu'il en faisait une il le sentait , et pourtant il pouvait s'empêcher de la faire , et pas à moitié. Il ne voulait pas y penser , parce qu'il l'avait enfin , il l'avait sa Manon et il l'aimait .
Il la regarda alors, elle avait les larmes aux yeux , il la voyait tout essayer pour retenir ces larmes.
Elle sentait tout monter, c'était trop ,elle tentait tout pour ne pas y penser, penser à autre chose, ses yeux la brulaient de plus en plus, et elle sentait son regard sur elle. Elle n'allait bientôt plus tenir. Elle se leva doucement, lui esquissa un Excuse moi mon c½ur , je reviens. Et courra aux toilettes. Une fois la porte passée, elle s'effondra et glissa doucement sur le sol.
Après avoir dominé ses émotions, elle n'avait même plus envie de se lever, ils n'avaient qu'a pas faire des toilettes aussi confortables putain .Manou ça va ? elle l'entendit chuchoter derrière la porte.
Manon ca va , ces putains de mots , et ce même mécanisme , comme si elle avait été programmé . Manon ça va ? Très bieeen et toi ? Tout est travaillé , le sourire mielleux , le ton de la voix , le petit "ma belle" , ou "mon amour" , rajouté ou pas suivant les personnes .

Non ça va pas , ça va pas parce que je te mens , parce qu'on se ment . Ça va pas parce que tu m'aimes trop , et ça me fait peur . Ça va pas parce que j'arrive pas à ressentir ça , ça va pas parce que j'ai ce sentiment affreux que tout part en couille, de plus rien contrôler, de voir tout tomber et de rien pouvoir faire, mais demain ça ira, ouais je te promet que ça ira , demain , je te dirais que je t'aime , demain on sera tous les deux enlacés, demain on croira vivre un truc pas possible, demain ça sera le mensonge des semaines à venir . Et puis dans une ou deux semaine , tu me tromperas bourré à une de ces soirées ,et moi je te pardonnerais pas, dans le fond j'en aurais rien à foutre , mais ça sera l'excuse, la bonne excuse pour qu'on redevienne amis. Tu m'harcèleras , tu me répèteras que tu m'aimes , que t'étais bourré, je t'écouterais pas . Au final , je te pardonnerais et on sera amis. C'est à cause de cette fin là que non aujourd'hui ca ne va pas . C'est de penser ca , d'avoir cette conviction là que ca se finira surement comme ca ou avec une connerie dans le genre . C'est penser que je pourrais plus jamais me passer de toi à partir de maintenant , c'est de plus voir de fin à ce "nous deux" là , qui aurait été normal , et je la retrouve pas cette norme , j'ai beau la chercher , rien et toi tu la vois , ca à l'air d'être rien mais au final c'est tout . Voilà , voilà pourquoi ca ne va pas aujourd'hui , en autres.

Elle aurait pu lui dire ça .Elle aurait pu .

En sortant , il la prit pas la taille , il y croyait il voulait y croire , c'était sa Manon . Ça pouvait pas ressembler à ça , ca devait pas .
Elle sentait ses mains sur ses hanches , et c'était agréable , cette sensation , un rayon de soleil était sur eux et il la pressait contre lui . Elle avait toujours détester ressentir ca , la sensation de ne plus rien contrôler , que tout part dans la direction contraire et qu'on ne peut rien y faire . Et pourtant là , elle aimait ca , ne rien contrôler, et le laisser s'en occuper .
A ce moment là , elle aussi espérait , elle aussi voulait y croire , parce qu'elle se sentait bien, légère et si c'était grâce à lui , alors oui , finalement elle voulait y croire .
Le soir même , ils se retrouvèrent à une de ses soirées ou toute leur bande se réunissait . Tout partit très vite , après les rires, les danses et les discussions, l'alcool et les drogues se firent sentir et la soirée prit une autre tournure . La tournure qu'elle avait prévu , cette tournure là , un jour plus tôt elle l'aurait souhaité .C'est fou comme les choses qu'on souhaite le plus n'arrivent jamais au bon moment . Elle se le répéta en le voyant avec une autre.


# Posté le samedi 18 octobre 2008 07:12

Modifié le mercredi 19 novembre 2008 07:56

Crimewave

Crimewave
La folie l'avait alors envahi après la colère , la haine , la peur , la peine , l'hystérie , place à la folie maintenant . Elle déchirait tout , jetait par terre tout ce qui était sur son bureau , déchirait ses photos , écrasait ses vêtements . Et lui , il restait là , silencieux spectateur de ce film dont il était l'auteur , mais surement pas le producteur . Il aurait voulu que tout ça s'arrête . Il aurait voulu la prendre dans ses bras et lui dire pardon , encore une fois , parce qu'il sait que ce ne sera jamais assez . Mais il restait assis , sur sa chaise , dans un coin de sa chambre et il continuait d'observer sans un mot .
Elle sentait son regard , elle avait honte c'était devenu insignifiant comparé à la rage et la peine qu'elle ressentait . Elle aurait voulu mourir , si elle avait eu un couteau elle l'aurait tué , et se serait tué après , elle aurait voulu disparaître , partir loin et ne plus jamais revenir . Elle aurait voulu se comporter autrement , ne pas être aussi pathétique , mais elle en était incapable.
La scène dura encore quelques minutes , jusqu'à ce qu'elle s'arrête laissant place à un silence glacé , à bout de force. Elle n'avait plus la force de parler , ni de pleurer et encore moins de crier . Elle était vidée , et reprenant ses esprits pendant quelques instants elle sentait tout son monde s'écouler . Elle sentait tout ce à quoi elle tenait ne plus avoir cette importance , ou disparaître . Elle sentait tous les éléments se déstructurer un à un , un effet domino s'était attaqué à sa vie .
Elle s'assit dans un coin et observa à son tour , son ½uvre . La chambre était saccagée , son regard se posa enfin sur lui . Elle avait essayé de ne pas le poser sur lui mais trop tard , un nouveau coup de couteau dans le ventre . Ça faisait mal , tellement mal . Et l'image qu'elle avait sous les yeux lui redonna alors la force de pleurer .
Ils se regardèrent pendant de bonnes minutes , puis elle regarda la vue de la fenêtre , cette même vue dont il ne détachait pas le regard avant , par peur , peur de voir l'autre vue , car dans cette vue il aurait vue sa vie , et ça , oui ça lui faisait peur .
Elle vit alors , les immeubles haussmanniens qu'elle aime tant et la tour Eiffel . Elle aurait tellement aimé que sa vie ressemble à ça , une vie de bohème dans un quartier pittoresque de Paris . Une baguette à la main , un béret sur la tête de son amant , ils se seraient aimé dans les rues de Paris sur un air de jazz. Elle n'y avait pas pensé depuis qu'elle était petite , c'est ce qu'elle s'était dit , plus grande je serais comme ça .
Sauf qu'elle comprit que , maintenant plus grande , elle se promenait Chanel à l'épaule , blackberry à la main, bédo à celle de son amant , dans les rues du beaux Paris sous un air de Crimewave . Elle venait de comprendre qu'elle en était bien trop loin de cette utopie là , que les jolis petits cafés de montmatre était devenu le Flandrin ou la Rotonde , elle venait de comprendre que son amant était un coké qui la trompait , elle venait en effet de comprendre que les soirées passées avec son adoré ne finissaient pas enlacés mais défoncés . Inconscients , non pas jeunes et inconscients , c'est trop beau dit comme ça , bourrés , drogués , jeunes et inconscients .
Elle s'était juste foutue en l'air , elle avait été assez conne pour l'aimer , assez conne pour croire que c'est ça la vie , et c'est ça l'amour , car oui c'était bien de l'amour , mais elle n'en voulait plus de son amour , de cet amour là .
Son regard revint alors sur lui , elle se demandait à quoi il pensait , sûrement à appeler son dealer, ou alors une nouvelle idée de photo à la con , non encore mieux , la prochaine pétasse qu'il se ferait pour oublier . En réalité , il pensait à la mort . Il avait déjà failli y passer avec une overdose , ça ne lui faisait pas peur . Pas quelque chose de pompeux , pas comme ces no life d'adolescents torturés qui pensent qu'on leur donnera un peu d'attention à leur mort, qu'ils partiront de ce monde en héros , ils n'ont jamais rien été , ce n'est pas la mort qui va changer ça , il se disait , non moi ça sera simple , discret . Pas trop de larmes , pour mes parents , juste ce qu'il faut , et puis ce n'est pas comme si ça allait mettre un grand vide dans leur vie , c'est comme si je n'en faisais pas partie , mais ils en rajouteront bien pour dire que ça leur déchirent le coeur ces vieux cons , et ils metteront des millions à une association à la con pour aider d'autres enfants , histoire de libérer leur conscience . Des pilules c'est bien , parce que le coup des veines ça me dit vraiment pas . Les pilules c'est vraiment bien , et puis ça sera comme prendre un doliprane ou de l'exsta .
Elle avait bien réfléchi , elle partirait , quelques jours loin , très loin . Elle ne supporterait pas de rester ici après ça . Elle le voyait plongé dans ses pensées et elle pensa alors que la pétasse devait être très bonne pour le mettre dans cet état . Elle se leva , et reprit ses affaires .
Brusquement arraché de ses pensées , il paniqua , non elle ne pouvait pas partir parce que le fait qu'elle parte officialiserait tout ça , tout ce qui s'est passé entre le moment où ils sont entrés ici et la sortie qu'elle allait bientôt faire . Cela dirait que tout cela est bien réel . Il savait aussi très bien que le cauchemar continuerait en pire une fois cette porte refermé . Le cauchemar social prendra alors place, ils devront se croiser se revoir tout en repensant à leur ancien "nous" , il devra essuyer les remarques de tout leur entourage sans rien dire , sans leur dire d'aller se faire foutre , et que ça ne les regarde pas , non en s'en prenant plein la gueule sans un mot. Il le savait ça , il est trop lâche pour le supporter , ce qui se passe après , il savait qu'elle serait assez forte pour supporter tout ça , pas lui.
Elle hésitât , avant de franchir , elle savait ce que ça voulait dire . Et elle ne savait pas si elle était assez forte pour tout ça . Lui , il fuirait elle le savait , mais elle , elle aura tout a affronter seule .
Dépasser cette porte signifiait pour eux deux , la solitude . Car ils allaient se retrouver entourés, très entourés, fleuris d'attentions , mais ça n'améliorerait pas cette solitude . Ils le savaient , ils avaient toujours été ensembles , même quand ils ne sortaient pas ensembles , même quand ils n'étaient pas meilleurs amis , ils avaient toujours eu l'un pour l'autre , ils savaient que l'autre était là , qu'ils n'étaient pas seuls , dans le fond ils le savaient , et cette sensation là , c'est ça , qui allait faire mal , qui allait manquer, qui allait les détruire , ils le savaient .

Il voulut lui dire un je t'aime , ou un désolé . Mais rien , ils se regardèrent brièvement une dernière fois et elle partit .
Il la suivit marcher dans la rue par la fenêtre .
Elle était allée dans la boulangerie , prit une baguette . Et se dirigea vers la Tour Eiffel , itouch en main .C'était du jazz..

# Posté le mardi 07 octobre 2008 13:04

Modifié le jeudi 20 novembre 2008 13:29